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L’agriculture biologique a de meilleures performances économiques que la conventionnelle

L’agriculture biologique a de meilleures performances économiques que la conventionnelle

L’agriculture verte n’a pas à rougir de ses performances économiques. Bien au contraire. L’étude intitulée « Les acteurs économiques et l’environnement », publiée mardi 5 décembre par l’Insee, montre, dans trois secteurs d’activité

Selon l’Insee, dans les trois secteurs d’activité étudiés, le vin, le maraîchage et la production laitière, les agriculteurs bio obtiennent de bons résultats.


LE MONDE ECONOMIE Par Laurence Girard

L’agriculture verte n’a pas à rougir de ses performances économiques. Bien au contraire. L’étude intitulée « Les acteurs économiques et l’environnement », publiée mardi 5 décembre par l’Insee, montre, dans trois secteurs d’activité – le vin, le maraîchage et la production laitière –, que les agriculteurs bio dament le pion à leurs homologues tenants d’une agriculture conventionnelle sur le plan du résultat de leurs exploitations.Cet éclairage est d’autant plus intéressant que le sujet a encore été peu abordé. L’enjeu est d’avoir un échantillon suffisamment représentatif pour pouvoir tirer une analyse pertinente. L’institut a choisi de travailler sur les données 2013 et de se concentrer sur trois productions au sein desquelles la proportion d’exploitations bio est significative : le maraîchage (11 %), la viticulture (6 %) et le lait de vache (3 %). Ces produits sont aussi les plus plébiscités dans le panier des consommateurs.L’échantillon choisi par l’Insee compte 1 800 fermes en agriculture biologique qui ont été comparées à 28 000 exploitations dites « conventionnelles », sélectionnées dans les mêmes branches d’activité. Les viticulteurs bio ont en moyenne un chiffre d’affaires de 17 000 euros par hectare, soit 46 % de plus qu’en conventionnel.

Recours plus important aux circuits courts

Un écart qui s’explique d’abord par une meilleure valorisation des vins, avec des prix supérieurs de 10 % à 40 %. Mais aussi par une plus forte présence en zone d’appellation d’origine protégée (AOP). Et, malgré des frais de personnel une fois et demie supérieurs, l’excédent brut d’exploitation (EBE) atteint en moyenne 6 400 euros à l’hectare, contre 3 700 euros pour le viticulteur conventionnel.En maraîchage, le chiffre d’affaires moyen des producteurs bio est inférieur à celui de leurs homologues conventionnels (10 900 euros, contre 12 500 euros à l’hectare). Mais l’EBE, lui, est supérieur (3 300 euros contre 2 500 euros à l’hectare). Le fait d’utiliser moins d’engrais et de pesticides allège la facture.De même, le coût réduit des aliments et une meilleure valorisation du prix du lait (+ 18 %) permettent de compenser la différence de chiffre d’affaires des éleveurs laitiers bio, confrontés à une baisse de productivité d’un quart. Les aides à l’agriculture bio calculées à l’hectare soutiennent aussi les éleveurs. Résultat, leur EBE est, en moyenne, supérieur de 20 %.Autre facteur explicatif de la meilleure performance économique des exploitations vertes : un recours plus important aux circuits courts pour commercialiser leurs produits. C’est le cas pour 90 % des maraîchers bio et pour 70 % des viticulteurs bio.

 
 
2/ Crédit Agricole prend de nouveaux engagements pour le climat Par Delphine Cuny ( La Tribune)   
 
La Banque verte, discret leader mondial des "green bonds", annonce accroître ses objectifs en la matière et exclure désormais de financer les projets les plus polluants en pétrole et gaz de schiste.
 
Elle va aussi compenser son empreinte carbone directe jusqu'en 2040 via un fonds.A la veille de la Journée de la finance climat, le 11 décembre à Bercy, et du grand sommet One Planet organisé par Emmanuel Macron le 12, le monde de la finance va s'attacher à montrer son attachement à la protection de l'environnement. Le Crédit Agricole S.A., l'entité cotée en Bourse du groupe bancaire mutualiste, annonce ce mercredi soir une série de nouveaux engagements en faveur du climat, deux mois après des déclarations remarquées de BNP Paribas.La Banque verte va en particulier accélérer ses financements en faveur de la croissance verte et cesser ceux des projets les plus polluants en pétrole et gaz de schiste, point qui sera le plus scruté par les ONG soucieuses du climat.« Conformément à son ADN de banque « verte », le Crédit Agricole a un rôle déterminant à jouer dans la facilitation des transitions énergétique et carbone », fait valoir le groupe dans un communiqué.

Le Crédit Agricole est en effet d'ores et déjà le leader mondial des arrangeurs de "green bonds", ces obligations vertes servant à financer des projets à l'impact bénéfique pour la planète. Depuis janvier, sa filiale de banque de financement CACIB s'est occupée de plus de 60 opérations d'un montant de près de 8 milliards de dollars selon le classement de Dealogic, devant HSBC et BNP Paribas. Elle a notamment participé à l'énorme emprunt vert souverain de l'Etat français en janvier.

Obligations vertes et énergies renouvelables

Le premier engagement consiste précisément à amplifier son activité en matière de "green bonds", de 60 milliards d'ici à fin 2018 annoncés lors de la COP21 à 100 milliards d'euros d'ici à 2020. Il y a un mois, la banque britannique HSBC avait indiqué s'engager à hauteur de 100 milliards de dollars d'ici à 2025 « dans le financement et l'investissement durable », sans beaucoup plus de détails. En complément, la Banque verte prévoit de placer un peu plus de ses propres liquidités en "green bonds" : à 2 milliards d'euros d'ici fin décembre contre 1,1 milliards il y a un an (et 1,9 milliard actuellement). A travers sa filiale de gestion d'actifs Amundi et ses sociétés de gestion communes avec EDF et avec Agricultural Bank of China, elle vise 5 milliards d'euros de financements de projets de transition énergétique d'ici fin 2020, contre 150 millions d'euros au 30 juin 2017.Le Crédit Agricole se fixe aussi l'objectif de doubler le niveau de financement des énergies renouvelables en France d'ici 2020, en comparaison des 519 millions d'euros engagés en 2016 : via sa filiale Unifergie (Leasing et Factoring), les caisses régionales et le réseau LCL, le groupe vise le financement d'un projet sur trois en renouvelable ou efficacité énergétique. Il indique qu'il ajoutera désormais la dimension climat aux éléments "environnement, social et éthique" déjà pris en compte pour l'évaluation des profils de risque de ses grands clients et de leurs projets.« Nous sommes accompagnateurs du progrès : notre rôle est d'accélérer la transition énergétique et d'inciter, par nos expertises, nos clients à faire évoluer leurs modèles économiques. Pour être efficace, nos engagements se doivent donc d'être précis et techniques », commente Philippe Brassac, le directeur général de Crédit Agricole S.A.

Tous projets de sables bitumeux exclus

Surtout, la Banque verte infléchit sa politique en matière de financement,avec des « exigences techniques supplémentaires. » par rapport aux critères en vigueur depuis 2012. Cela passe ainsi par l'« exclusion des hydrocarbures les moins performants sur un plan énergétique et les plus impactants pour l'environnement », ce qu'elle considère comme « les plus dangereux, incompatibles avec les objectifs de lutte contre le changement climatique. » Concrètement, il s'agit de « tous les projets de sables bitumineux », tous les projets "extra heavy oil" et les ceux de "gas to Liquids", « tous les pétroles issus de la région Arctique (off-shore et on-shore), les gaz ou pétroles de schiste dont l'exploitation occasionne un "torchage" ("flaring") ou évaporation ("venting") excessifs. », Des exigences qui s'ajoutent à la politique de « consultation des populations impactées ou de gestion responsable de la ressource en eau » mise en place depuis 2012. Les projets d'infrastructures liés à ces activités désormais exclues (usines de traitement, pipelines, facilités de stockage ou distribution) sont également sortis du champ de financement.

Sans aller aussi loin que celles de BNP Paribas, ces annonces devraient répondre en partie aux demandes répétées des ONG. Le mois dernier, à la veille de la COP23, un collectif d'association autour des Amis de la Terre, avait réitéré son appel à « Crédit Agricole, Société Générale et Natixis à suivre l'exemple de BNP Paribas et ING, seules banques internationales à avoir adopté des politiques d'exclusion portant non seulement sur les projets mais aussi sur les entreprises du secteur », observant alors que « les banques refusent toujours de perdre certains clients.» En mai dernier, des ONG avaient interpellé les dirigeants des banques lors de leurs assemblées générales d'actionnaires.

Compensation de l'empreinte carbone

Le Crédit Agricole met en avant « son engagement historique et précurseur » sur ces sujets, en participant aux Principes de l'Equateur en 2003, aux Principes Climat en 2008 et en co-rédigeant avec trois autres banques, américaines, les Green Bond Principles en 2013. La Banque verte souligne qu'elle a commencé à se désengager du charbon dès mai 2015, à exclure les pétroles off-shore en Arctique dès 2012 et qu'elle publie l'empreinte carbone induite par ses financements depuis 2011.Elle s'engage désormais à réduire et compenser l'ensemble de son empreinte carbone directe (CASA et ses filiales) jusqu'en 2040, au travers du fonds carbone Livelihoods, créé avec Danone, Schneider, la Caisse des Dépôts, la Poste, etc, qui finance des projets de restauration des écosystèmes, d'agro-foresterie et d'énergie dans les communautés rurales démunies des pays en développement