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Compléments : les bases
Les compléments alimentaires, « aucun intérêt » ?

Les compléments alimentaires, « aucun intérêt » ?

(Image Bru-nO via Pixabay)

Les compléments alimentaires, « aucun intérêt » ?

Alors qu’il est indéniable que le marché et la fabrication des compléments alimentaires sont de nos jours bien mieux encadrés qu’il y a 20 ans, ces produits continuent d’être régulièrement l’objet d’attaques. Ces compléments seraient dangereux et au mieux inutiles, rien ne valant « une alimentation équilibrée ». L’industrie du complément alimentaire est-il vraiment la « jungle sans loi ni contrôle » que certains se plaisent à décrire ?

46 % des Français ont déjà consommé des compléments alimentaires

Le 28 mars 2018, Synadiet, le Syndicat National des Compléments Alimentaires, avait organisé une conférence de presse lors de laquelle furent présentés les résultats d’une enquête, intitulée « Les Français et les compléments alimentaires », réalisée à son initiative par la société Opinion Way.

Les grandes lignes des résultats de cette enquête, relayés par l’AFP (Agence France Presse) furent que 68 % des personnes se sont déclarées de plus en plus en incités à prendre soin de leur santé, notamment par la prise des compléments alimentaires. Ce pourcentage montait à 79 % chez celles en ayant consommé au moins une fois et même à 84 % chez celles en prenant en cure ou en continue, preuve d’une satisfaction de cette utilisation. A ce propos, 46 % avaient répondu en avoir déjà consommé au moins une fois, dont 14 % le faisant sous forme de cures saisonnières (en hiver ou au printemps), 13 % à certaines périodes de l’année (examens, fatigue) et 6 % en continu.

Dans 1 cas sur 3, la consommation résultait du conseil d’un professionnel de santé : médecin 16 %, pharmacien 11 %, autre professionnel de santé (kinésithérapeute, infirmier) 6 %. Pour les personnes en consommant sous forme de cures ou en continu, ces pourcentages étaient respectivement de 36 %, 27 % et 14 % soit pour 77 % un conseil d’un professionnel de santé.

Selon l’étude Synadiet/Opinion Way de 2018, pour 77% des utilisateurs réguliers de compléments alimentaires, cette consommation résulte du conseil d’un professionnel de santé (image xb100 via Pixabay).

Néanmoins, une majorité des personnes interrogées avaient du mal à définir précisément ce que sont les compléments alimentaires : des produits à base de plantes pour 39 % d’entre elles, des produits de santé pour 39 % également, des produits de santé naturels pour 34 % (total supérieur à 100 car plusieurs réponses étaient possibles). Invités à les classer selon la destination d’emploi, 41 % des personnes disaient qu’ils s’agissaient de produits pour sportifs, 38 % de produits diététiques et 25 % de produits pour maigrir.

Mais une fois expliqué ce à quoi correspond précisément ces compléments, leur utilité était unanimement reconnue
-    67 % pensaient que les compléments sont utiles pour lutter contre une alimentation déséquilibrée (ex. manque de magnésium ou de calcium), pourcentage montant à 86 % chez ceux qui en consomment sous forme de cure ou en continu ;
-    64 % qu’ils sont utiles à certaines périodes de l’année pour éviter et limiter les petits maux (rhume, grippe, fatigue régulière…), chiffre qui était de 88 % chez les consommateurs en cure ou en continu ;
-    66 % qu’ils sont utiles à certaines périodes de la vie (croissance, examens, ménopause, vieillesse…), 90 % des consommateurs en cure ou en continu étant d’accord sur ce point ;
-    52 % pensaient que consommer des compléments alimentaires permet de prévenir ou de ralentir certains problèmes de santé, pourcentage qui était de 80 % chez les  consommateurs en cure ou en continu.

43 % des personnes interrogées (mais 65 % consommateurs en cure ou en continu) estimaient que les compléments devraient être remboursés.

Enfin, parmi d’autres résultats de cette enquête, 73 % des personnes toutes confondues avaient déclaré souhaité avoir plus d’informations sur les compléments (sécurité, efficacité, composition, origine, action en accompagnement du traitement de certaines maladies…). Même parmi les personnes ne consommant pas de compléments, 57 % étaient demandeuses de ce type d’information.

Tous ces chiffres montrent d’une part que les compléments bénéficient d’un intérêt certain de la part des Français et d’autre part que plus on en consomme plus ou moins régulièrement, plus on est convaincu de leur intérêt.

Des scientifiques inquiets…

Néanmoins, à peine les résultats de cette étude furent-ils publiés que l’on vit fleurir dans la presse, au printemps 2018, toute une série d’articles dans lesquels était révélée « l’inquiétude des scientifiques » au vu de ce grand intérêt des Français pour les compléments… et des chiffres croissants du marché. « Utilité controversée du point de vue scientifique », « La plupart des compléments alimentaires sont sans effet », produits devant être « utilisés avec précaution » font partie des affirmations que l’on pouvait alors lire.

Cette enquête du Synadiet, qui montre notamment que les Français sont justement demandeurs de plus d’informations, fut donc le prétexte à une nouvelle attaque par les scientifiques. « Certains scientifiques » faut-il souligner ici : car comme révélé par l’enquête du Synadiet, les trois-quarts des personnes consommant des compléments sous forme de cures ou en continu ont été conseillés par des professionnels de santé qui, sauf erreur, sont également des scientifiques.

Cette attaque contre les compléments n’était pas la première, ni la dernière. En février 2019, une autre dépêche de l’AFP diffusait une alerte de l’Académie de Pharmacie sur les dangers de certains compléments alimentaires à base de plantes laxatives, au point qu’ils devraient être interdits. Un danger sans nul doute réel, mais jetant malheureusement l’opprobre sur l’ensemble des compléments alimentaires, au grand plaisir de certains journalistes alarmistes, qui soulignent notamment que « Contrairement aux médicaments, la commercialisation des compléments alimentaires ne nécessite pas d'autorisation de mise sur le marché (AMM) »… mais en oubliant que leur fabrication et leur commercialisation est néanmoins strictement encadrée en Europe (voir plus loin).

Exemple de « preuve utilisée » contre les compléments alimentaires : une étude publiée le 15 octobre 2015 dans le New England Journal of Medicine (« Emergency Department Visits for Adverse Events Related to Dietary Supplements ») qui avait révélé que la consommation de compléments alimentaires aurait « conduit à 23.000 visites aux services d'urgences outre-Atlantique pour anomalies du rythme cardiaque, douleurs thoraciques, sensation d'étouffement, autant de signes présentés après ingestion de ces compléments ». Comment peut-on décemment comparer les compléments parfois… « surprenants » que l’on trouve aux USA, par ailleurs largement surconsommés, à la situation européenne ?

Si les compléments alimentaires étaient par définition « inutiles », pourquoi, par exemple, l’Institut Pasteur de Lille lancerait-il régulièrement des études cliniques pour en évaluer l’intérêt ? Exemples : « évaluation d’une complément alimentaire à base de plantes qui serait capable de prévenir l’apparition du diabète », « évaluation d’un complément alimentaire constitué d’une levure probiotique sur l’évolution de troubles gastro-intestinaux associés au syndrome de l’intestin irritable à prédominance de constipation », etc.

(Image Bru-nO via Pixabay)

Oui, les compléments alimentaires ne sont pas des produits anodins

Néanmoins, en restant pragmatique et honnête concernant les critiques faites à l’égard des compléments alimentaires, on ne peut qu’adhérer à certaines d’entre elles, car elles relèvent du bon sens, les compléments alimentaires étant loin d’être des produits anodins :

-     « Par définition, un complément alimentaire ne peut avoir, ni revendiquer d'effets thérapeutiques » comme le souligne l'ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation) sur son site internet. Toute allégation « miracle », directement liée à des propriétés de guérison des maladies (notamment des plus graves, comme le cancer) démontre que le fabricant n’est pas sérieux… Un cas extrême qui ne peut pas, a priori, se rencontre avec des fabricants européens sérieux.
-    Préconiser une utilisation générale et plus ou moins continue de compléments est une aberration. Mais si on raisonne en termes de « sous-populations » (enfants, femmes enceintes, seniors, périodes de fatigue ou de convalescences, voire personnes souffrant de certaines pathologies par ailleurs traitées médicalement, etc.) la prise de compléments peut s’avérer non seulement judicieuse mais utile.
-    Certains compléments, entre autres ceux à base de plantes, peuvent présenter des dangers lorsqu’ils sont mal utilisés (risques d’allergie, d’interactions avec les médicaments ou entre eux, effets secondaires), ce qui implique que les fabricants doivent fournir une information complète et qu’il est idéal, si nécessaire d’avoir recours aux conseils d’un professionnel de santé (notamment lorsqu’on souffre de certaines maladies ou que l’organisme est soumis à un stress particulier, comme la grossesse). Des professionnels de santé qui sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à reconnaître l’intérêt de certaines pratiques alternatives, qu’il s’agisse de « médecines douces » ou de méthodes nutritionnelles, comme avec les compléments.
-    Acheter certains compléments sur Internet, sans réelle garantie d’origine, présente le risque d’être face à des vendeurs peu ou pas identifiés, voire à des falsifications sur la composition… comme avec les médicaments achetés sur Internet de source tout aussi douteuse, d’ailleurs !

Et comme le dit l’ANSES sur son site Internet :

-    Il faut « éviter des prises prolongées, répétées ou multiples au cours de l’année de compléments alimentaires sans s’entourer des conseils d’un professionnel de santé » (ANSES)…
-    Il faut aussi « respecter scrupuleusement les conditions d‘emploi fixées par le fabricant, responsable de la sécurité des produits qu’il commercialise » (ANSES).
-    Il faut enfin « signaler à un professionnel de santé tout effet indésirable survenant suite à la consommation d’un  complément alimentaire » (ANSES).
…comme cela doit être le cas avec les médicaments d’automédication, en accès souvent tout aussi libre que les compléments !

Les compléments alimentaires sont des produits bien encadrés en Europe

S’il est vrai que les compléments alimentaires ne sont pas soumis à une AMM au sens strict, comme les médicaments, il n’en demeure pas moins – rappelons-le – et en laissant de côté ici tous les textes de loi relatifs à leur fabrication et au contrôle de leur qualité et de celle de leurs ingrédients, qu’avant leur mise sur le marché, ils doivent faire l’objet d’une notification auprès de l’administration (Article n°16 du décret n°2006/352), que les allégations nutritionnelles et santé indiquées sur les produits ne peuvent être choisies qu'au sein d'une liste préétablie par la Commission Européenne et dont l'usage est basé sur une concentration minimum en certaines substances actives (Règlement CE n° 1924/2006 et Règlement UE n° 432/2012), etc.

En Europe, la fabrication et la commercialisation des compléments alimentaires sont strictement encadrées par de nombreux textes de loi (image dimitrisvetsikas1969 via Pixabay).

Concluons en citant directement Synadiet :

« La production, la mise sur le marché et la surveillance des compléments alimentaires à base de plantes sont très encadrées par la réglementation nationale et européenne. Un ensemble de directives et de règlements assure la sécurité d’emploi des produits ainsi que leur conformité aux normes de qualité requises dans toute l’Europe.

En 2017, via la nutrivigilance, l’ANSES a relevé seulement 77 cas d’effets indésirables vraisemblablement ou très vraisemblablement liés à la consommation de compléments alimentaires, alors que près de 150 millions de boites ont été vendues cette année là sur le marché français. Soit, seulement un effet pour 2 millions de boites vendues. De plus, les effets remontés sont relativement faibles et disparaissent dès l’arrêt de la prise.

(…)  Comme l’indique l’académie de pharmacie dans son rapport les effets indésirables dénoncés sont majoritairement liés à des mésusages. Consommés correctement, les compléments alimentaires apportent des solutions de santé adaptées à des personnes en situation d’inconforts.

Synadiet rappelle ses conseils pour une consommation sûre de compléments alimentaires :
-    Identifier le fabricant et s’orienter vers des marques et des fabricants référencés ;
-    Vérifier l’étiquetage du produit : les précautions d’emplois, la posologie, la présence d’allergènes ;
-    Choisir des produits étiquetés en français. Eviter les sites internet et les produits présentant un français approximatif ;
-    Se méfier des produits « miracles » aux promesses trop aguicheuses. Les compléments alimentaires ne peuvent pas porter d’allégations thérapeutiques ;
-    En cas de doute, demander conseil à un professionnel de santé, en particulier si vous faites partie des catégories suivantes : femmes enceintes, personnes sous traitements médicamenteux, personnes présentant des allergies ».

Quant à l’intérêt pour le bien-être et la santé des compléments, juste un exemple : en novembre 2016, Synadiet avait tenu une conférence de presse afin de rendre publique une étude médico-économique, réalisée par le cabinet Asterès, intitulée « Les compléments alimentaires : leviers de prévention médicale et d’économies pour l’Assurance maladie », dont on peut consulter les résultats en cliquant ici. Dans un contexte où il est évident que la prévention est une voie d’avenir en matière de santé, cette étude montre, en se basant sur trois exemples (ostéoporose, cholestérol et DMLA) que les compléments alimentaires présentent bien un intérêt, bien entendu dans le cadre d’un emploi raisonné et judicieux.