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Pourquoi manger végétarien...

Pourquoi manger végétarien...


... sans s’obliger à devenir végétarien ?



D’après une enquête dévoilée début 2017 par Harris Interactive[1], 5 % des Français seraient végétariens, 4 % seraient vegans et 6 % flexitariens, ce régime associant à l’occasion des aliments carnés aux produits purement d’origine végétale. Si le circuit bio est depuis des années celui où on trouve, par excellence, des produits végétariens, la grande distribution s’y intéresse également de plus en plus, pour ne pas laisser échapper un marché en croissance. Mais au-delà des considérations purement mercantiles de certaines de ces entreprises nouvellement « converties », le végétarisme mérite réellement qu’on s’y arrête, de façon pragmatique.


Végétarien, végétalien, vegan, veggie ?

Comme l’explique le Larousse, le végétarisme est un « régime alimentaire excluant toute chair animale (viande, poisson), mais qui admet en général la consommation d'aliments d'origine animale comme les œufs, le lait et les produits laitiers (fromage, yaourts) ». Quant au végétalisme, c’est un « régime alimentaire excluant tout aliment d'origine animale », ce qui signifie que les végétaliens ne consomment ni produits laitiers, ni œufs, ni miel, etc. L’adjectif « vegan/végan » et le nom « veganisme » sont par contre à ce jour ignorés du Larousse. A l’instar du mot « végétarien » - issu de l’anglais vegetarian et utilisé depuis les années 1830 (« végétalien » existe depuis les années 1890) - ce mot est également d’origine anglo-saxonne

La philosophie du véganisme – mot né précisément en 1944 – va quant à elle a été au-delà du végétalisme : « Le véganisme exclut la consommation de tout produit issu des animaux, de leur exploitation ou testé sur eux (cuir, fourrure, laine, soie, cire d'abeille, cosmétiques et médicaments testés sur les animaux ou contenant des substances animales). Il exclut également l'utilisation des animaux pour les loisirs (cirques avec des animaux, zoos, promenades à dos d'animal) ou pour le travail (chiens guides, chevaux de trait, etc.) »[2].

Si beaucoup de personnes font souvent une confusion entre végétalisme (qui ne concerne que l’alimentation) et veganisme (approche plus large, telle qu’expliquée plus haut), du côté du végétarisme, il existe nombre de nuances, en fonction de la consommation ou non de produits lactés, d’œufs ou de poissons : ovo-lacto-végétarisme, pesco-végétarisme, etc. Mais ces notions, et même celle du végétalisme, sont devenues de moins en moins mises en avant, au profit de celle de végétarisme ou de véganisme, sans oublier l’anglicisme très récent « veggie », qui affiche parfois une signification différente en fonction de ceux, individus ou marques, qui l’emploient. Enfin, il y a le mot « flexitarisme », surtout employé depuis 10 ou 20 ans, désignant des personnes a priori principalement végétariennes mais qui mangent parfois des produits animaux, dans certaines circonstances (repas au restaurant, en famille ou chez des amis), mais qui désigne souvent aussi des personnes qui alternent simplement le végétal et l’animal, ou ont beaucoup diminué leur consommation de viande (cas de très nombreuses femmes). D’où le fait, d’ailleurs, que selon certaines sources, il n’y aurait pas 6 % de flexitariens en France, mais près de 30 %. Bref, la situation, loin d’être « carrée », est assez confuse dans l’esprit du plus grand nombre.

 

Un choix personnel

Comme l’atteste l’archéologie, l’homme, depuis la nuit des temps, c’est-à-dire l’époque des « chasseurs-cueilleurs », avant la sédentarisation et « l’invention » de l’agriculture, a été un être omnivore (paléolithique) voire principalement carnivore (Neandertal). D’autres primates sont aussi omnivores ou carnivores, comme certaines espèces de chimpanzés ou de babouins. Le fait de manger de la viande n’est donc pas juste une « mauvaise habitude », mais bien quelque chose qui fait partie de notre histoire, depuis plus de 2 millions d’années.

Ce qui ne signifie pas qu’il ne faut pas s’intéresser à une alimentation moins riche en viande, bien au contraire. Et pas seulement pour les raisons, déjà nombreuses, qui ont fait franchir le pas à un nombre croissant de personnes : peur des maladies réellement ou potentiellement transmissibles de l’animal à l’homme, scandales alimentaires type « viande de cheval dans les lasagnes », critique justifiée de certaines conditions d’élevage et d’abattage des animaux, ou encore simple manque d’appétence pour la viande, sans raison précise, etc.

Faire du prosélytisme pour un véganisme absolu (qui donc inclut la non-consommation de miel ou le fait de refuser d’avoir un chat comme animal de compagnie…) n’est néanmoins sans doute pas la solution la plus efficace pour recueillir l’adhésion du plus grand nombre. Combattre la violence par la violence n’a jamais été une solution idéale. Les arguments se doivent d’être posés, susceptibles de convaincre avec une logique de bon aloi. Car au final, cela ne doit, ne peut que rester un choix personnel, chacun devant prendre en considération ce qui est important pour lui… et bien sûr pour la planète.

Faire que la majorité des consommateurs devienne vegan, ou même végétarien à court terme, est illusoire, car nous n’avons pas la même histoire culturelle que les pays où règnent l’hindouisme et le bouddhisme, religions qui prônent le végétarisme. Mais faire en sorte que les plats végétariens soient de plus en plus nombreux sur nos tables ne peut qu’être bénéfique. Et cela se démontre aisément.

 

Les bienfaits du flexitarisme selon le WWF

Dans un rapport publié en novembre 2017[3], le WWF (World Wide Fund for Nature, soit « Fonds mondial pour la nature », l’ONG bien connue, née en 1961) se fait ainsi l’avocat d’une alimentation flexitarienne, avec des arguments pratiques et pragmatiques, qui permettent de faire abstraction des arguments éthiques, philosophiques et religieux, toujours sujets à discussion entre tenants des différentes approches : « Il est tout à fait possible de remettre en cause le chemin pris pendant les 50 dernières années avec l’industrialisation de l’alimentation, l’augmentation de la consommation de protéines animales, de produits sucrés, gras, salés et industriels. Non seulement cette remise en cause est nécessaire pour relever les défis environnementaux et de santé publique des prochaines décennies mais elle profitera également à la fois aux producteurs et aux consommateurs d’une alimentation plus saine, de proximité et de qualité, tout en préservant les ressources naturelles ».

Dans l’étude réalisée, « l’assiette flexitarienne » (comprendre la composition moyenne de l’alimentation d’une personne par jour) se compose « de 2/3 de protéines végétales contre 1/3 de protéines animales (…). Cette assiette a été composée à partir de 163 aliments parmi ceux les plus consommés par les Français. Les principales caractéristiques de cette assiette sont une diminution de la viande (-31 % au total avec -66 % de bœuf et de veau), des poissons sauvages (-40 %), une diminution des produits transformés industriels, gras, salés et sucrés (-69 %), une diminution des produits à base de farines raffinés (-46%) au profit de farines complètes et une augmentation de la part des légumes, céréales et légumineuses (95%) ».  
Photo Pixabay RitaE


Augmenter ainsi notablement la part de produits non-carnés, bien entendu de provenance tracée et qualitative (49,3% de produits labellisés (bio, label rouge et MSC) dans l’alimentation-type étudiée) permettrait de :

  • manger plus sainement et de manière équilibrée (les aliments végétariens sont plus riches en fibres, en antioxydants, en vitamines et en minéraux que les produits animaux, et ils contiennent moins d’acides gras saturés et moins de cholestérol) ;
  • manger des produits de qualité, préservant l’environnement et les conditions de production (bio, certifiés) à un coût socialement acceptable : « la baisse de coûts obtenue par le changement de la composition du panier flexitarien par rapport à l’assiette actuelle permet d’introduire près de 50 % de produits labellisés (49,3 %) à un coût quasi identique à celui du panier actuel » ;
  • réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’alimentation de manière forte : « plus de 30 % des émissions de gaz à effet de serre (sont) dus à l’alimentation » ;
  • réduire la pression sur les ressources notamment halieutiques : « près de 30 % des stocks mondiaux de poissons sont surexploités et 60% exploités pleinement (près de 90 % en méditerranée) ».

 

Les bienfaits des aliments végétariens…. selon les gourmands

Il est difficile de nier les évidences des problèmes posés par les émissions de gaz à effet de serre, par ceux liés aux ressources alimentaires pour nourrir une population planétaire en constante augmentation et par ceux, diététiques et sanitaires (obésité, maladies cardio-vasculaires…), induits par l’alimentation industrielle moderne. Les arguments concrets présentés par le WWF ne peuvent donc qu’interpeller, objectivement.

Mais on peut, on doit, en ajouter d’autres, pour finir de convaincre.


Photo Wikimedia Commons Bradley J
  Aujourd’hui, le choix des produits alimentaires végétariens disponibles est devenu réellement énorme. Aux fruits, légumes et autres céréales sont venus s’ajouter des aliments autrefois « exotiques », comme le tofu, le seitan, le tempeh, le quorn… qui donnent d’excellents substituts de viande, parfois à s’y méprendre. Associés aux cultures culinaires des pays où ces produits ont été imaginés (sans oublier les humus et autres tahini), cela donne un potentiel énorme pour varier les menus quotidiens (« angoisse » traditionnelle des ménages). Et il suffit de goûter pour constater que les fabricants ont fait d’énormes progrès ces dernières années, que cela soit pour les produits crus ou à cuire et à griller. Certes, on peut tomber sur un produit que l’on n’aimera pas. Mais il y a bien des gens qui n’aiment pas le poulet et préfèrent le lapin et inversement, ou bien qui n’aiment pas les viandes rouges et préfèrent les viandes blanches, ou encore d’autres qui préfèrent les grillades aux viandes en sauce. Le végétal présente la même diversité, et ne peut qu’enrichir notre paysage culinaire, avec talent et gourmandise, du « fast food » à la cuisine de « chef ».

 

 

[1] « Les pratiques alimentaires d’aujourd’hui et de demain », enquête réalisée en ligne du 12 au 21 octobre 2016.

[2] Article Wikipédia.

[3] Cliquer ici pour télécharger le rapport complet

 

 

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