6,4 Mrd € en 2015 ; 7,7 Mrd € en 2016 ; 9,1 Mrd € en 2017 ; 10,5 Mrd € en 2018 ; 11,93 Mrd € en 2019 : depuis plusieurs années, la croissance du marché alimentaire bio en France ne se dément pas, comme le confirme le dernier rapport de l’Agence Bio, publié en mai 2020. Ce sont 1,4 Mrd € de plus que les Français ont dépensé en un an, soit une augmentation de 13,5 %. La part de marché du bio est passée à 6,1 % des achats alimentaires, contre 5,3 % en 2018 et 2,7 % en 2013

Ce chiffre intègre la restauration hors foyer, dont la croissance de +16,4 % témoigne également du dynamisme du secteur, ayant atteint 640 Mio €. Ce chiffre se partage entre la restauration collective (+21,3 %, l’augmentation 2018/2017 ayant déjà été de +28,3 %) pour 389 Mio € et la restauration commerciale (+9,5 %) qui a atteint 251 Mio €.

La consommation bio française est en passe de réaliser ce qu’on prévoyait, à savoir dépasser le marché allemand, qui a longtemps été le premier en Europe. En 2019, il s’est hissé à sa hauteur (11,97 Mrds € en Allemagne : +9,7 % vs. 2018), alors que la population française (près de 68 Mio d’habitants) est inférieure à la population allemande (plus de 83 Mio d’habitants). Ce qui fait qu’aujourd’hui la consommation annuelle moyenne par habitant est chez nous (178 €) supérieure à celle de nos voisins d’Outre-Rhin (144 €), où la part de marché du bio est de 5,7 % de la consommation alimentaire.

La grande distribution reste le leader du marché bio français, avec 54,9 % des ventes, suivie des magasins spécialisés bio (28,3 % de part de marché, dont 24,1% pour la distribution spécialisée bio en réseau et 4,2 % pour la distribution spécialisée bio indépendante), de la vente directe (10,9 %) et des artisans et autres petits commerces (6 %). En 2013, la GMS possédait 49,2 % de part de marché, la distribution bio en réseau 24,6 %, la distribution bio indépendante 6,9 %, la vente directe 12,3 % et les artisans et autres petits commerces 7 %.

Ce sont les produits alimentaires transformés qui ont connu la plus forte croissance, dépassant les +15 % pour de nombreuses catégories : les produits surgelés (+31 %), en particulier les glaces et sorbets, les pizzas et les légumes ; la bière (+24 %), les œufs (+20 %), qui sont les produits les plus consommés en bio ; les produits laitiers hors lait liquide (+18 %), dont les 2/3 en GMS ; l’épicerie (+16 %), qui représente 29 % de la valeur des achats bio ; les jus de fruits et boissons sans alcool (+16 %), essentiellement vendus en grande distribution.

Les légumes frais ont également connu une bonne croissance, avec +15 %, la viande affichant de son côté +13 % (une baisse par rapport à l’année précédente, la différence entre 2018 et 2017 ayant alors été de +21 %).

Comme évoqué plus haut, 29 % du CA alimentaire bio en 2019 ont été réalisés par l’achat des produits d’épicerie. Viennent ensuite les fruits et légumes frais (17 %), la crèmerie (16 %), la viande (10 %), les boissons alcoolisées (9 %), la boulangerie (8 %), la famille regroupant les produit de la mer, produits traiteur et surgelés (7 %), et enfin les boissons sans alcool (5 %)

Le leadership des différents circuits n’est pas le même selon les produits. Ainsi, la distribution spécialisée bio a vendu plus de fruits et légumes (794 Mio €) que la grande distribution (649 Mio €), la vente directe se permettant même de vendre presque autant de légumes bio (256 Mio €) que la grande distribution (294 Mio €). La GMS vend par contre trois fois plus de produits de crèmerie (lait, produits laitiers, œufs) que le réseau bio (1 213 Mio € contre 420 Mio €). Idem pour la viande (663 Mio € contre 196 Mio €). Pour l’épicerie et les boissons sans alcool, le ratio GMS/magasins bio n’est par contre que de 2 pour 1 (2 593 Mio € contre 1 215 Mio €). Pour une catégorie de produits, celle de la boulangerie et de la pâtisserie fraîche, trois réseaux font quasiment jeu égal : la GMS (294 Mio €), les magasins bio (281 Mio €) et les artisans et petits commerce de détail (295 Mio €).

Crédit Photo : pvproductions via Freepik

 

Le secteur de la Bio représente aujourd’hui 179 500 emplois directs (+15 % par rapport à 2018. Tous les types d’opérateurs engagés dans la Bio sont en augmentation : le nombre de producteurs est passé de 2018 à 2019 à 47 196 (+13 %), celui des transformateurs à 19 311 (+16 %) et celui des distributeurs à 8 813 (+24 %).

La part du bio est passée à 8,5 % de la surface agricole française cultivée, avec 2,3 Mio ha, contre 1,1 Mio ha en 2014 : en 5 ans, cette surface a donc plus que doublé. Plus de 5 500 exploitations supplémentaires se sont converties à l’agriculture bio, ce qui a permis de contenir le niveau des importations, qui est resté stable à 33 % de la consommation.

L’emploi agricole bio représente ainsi plus de 10 % des emplois agricoles de notre pays. Tous les types de productions sont en hausse, le végétal étant néanmoins le plus dynamique (arboriculture et viticulture, légumes, grandes cultures).


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