2018 : offensive tous azimuts des entreprises conventionnelles dans la Bio

 

Courant 2018, Carrefour a annoncé l’ouverture de 150 magasins « Carrefour Bio » de proximité d’ici 2021… en même temps que la société annonçait le licenciement à venir de 2400 d’employés. En parallèle, le groupe a racheté à l’été 2018 la petite chaîne régionale (8 magasins) de supermarchés bio du Sud-Ouest So.bio, prévoyant déjà de nouvelles ouvertures sous cette enseigne à Paris. Auchan, qui avait déjà créé des magasins bio « Cœur de Nature », se lance de son côté dans l’aventure d’une autre chaîne de magasins bio de proximité, Auchanbio, qui veut se placer sur le créneau de la bio « premier prix », avec une offre importante de produits à marque propre. Même objectif chez Leclerc qui promet 200 magasins bio, qui devraient s’appeler rapidement « Le Marché Bio E. Leclerc ».

 

Le groupe Casino, quant à lui, a acquis dès 2008, via sa filiale Monoprix, la chaîne de magasins bio Naturalia. Et en janvier 2018, le groupe Les Mousquetaires (à qui appartiennent entre autres les magasins Intermarché, Bricomarché, Netto, Bricorama…) a conclu un partenariat, sous forme d’une participation minoritaire, avec les Comptoirs de la Bio, important réseau de réseau français de magasins bio indépendants fort de plus de 140 points de vente en France, en Belgique et au Portugal.

 

Dans le domaine des marques, l’été 2018 a été marqué par la surprise du rachat par L’Oréal de la société allemande de cosmétiques bio Logocos (marques Logona, Santé Naturkosmetik). Pionnière de la branche (née en 1978), Logocos emploie environ 340 personnes, ayant réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 59 millions d’euros. Ciblant la clientèle bio et vegan, L’Oréal prévoit de développer les marques de Logocos Naturkosmetik à l’international. Et peu de temps après, L’Oréal annonçait également le lancement d’une nouvelle marque de cosmétiques bio (certifiés Cosmos/Cosmébio), baptisée La Provençale Bio, destinée aux grandes et moyennes surfaces (GMS).

 

Toujours dans le domaine de la cosmétique, le groupe allemand Zalando, mondialement connu pour la vente en ligne de chaussures et de vêtements (qui s’était déjà lancé en mars dans la vente de cosmétiques en ligne en Allemagne), a ouvert au mois de juillet 2018 à Berlin son premier magasin physique dédié aux produits de beauté. Ciblant les « millenials », la jeune génération des consommateurs, ce point de vente offre un mélange de cosmétiques conventionnels, de marques « proches de la nature » (mais contenant néanmoins nombre d’ingrédients les rendant non certifiables) et de marques certifiées bio, la plupart petites marques de niche.

 

L’année 2018 a très clairement été l’année de nombreux bouleversements dans la distribution des produits bio. Et ce n’est sans doute pas fini.

 

Les premiers magasins « d’aliments sains », nés au 19e siècle

 

Le monde de la Bio n’a cependant pas attendu que des multinationales s’intéressent à lui pour conquérir de plus en plus de consommateurs. De fait, si la Bio a su séduire toujours plus de clients, c’est bien grâce à l’engagement profond et réel dont ont fait preuve des dizaines – ou plutôt des centaines et des milliers ! – d’entreprises depuis près de… 150 ans. Ce sont elles à qui revient le mérite d’avoir ouvert les consciences et fait avancer la réglementation.

 

Pour ne parler que de la distribution, c’est dès la fin du 19e siècle qu’apparaissent les premiers magasins proposant de consommer de façon plus saine, dans des pays où l’industrialisation est forte (USA, Royaume-Uni, Allemagne…). A cette époque, nombreuses sont les familles qui quittent la campagne pour s’installer dans des villes ouvrières, dans des conditions de vie et d’hygiène qui sont souvent loin d’être parfaites. Aux Etats-Unis, le premier health food store (« magasin d’alimentation saine ») du pays (et sans doute du monde) est apparu à Oil City en Pennsylvanie dès 1869. Son créateur était Thomas Martindale, né en 1845 en Angleterre, qui avait émigré aux USA à l’âge de 9 ans. En 1875, le magasin fut transféré à Philadelphie, où il fut doublé d’un restaurant. Baptisé Martindale’s Natural Market, le magasin existe toujours, aujourd’hui installé à Springfield, dans la banlieue de Philadelphie.

 
 
 
 
 
 
 
 

 


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