Selon les informations publiées en février 2020 par l’association professionnelle Réseau Vrac, le marché du vrac a atteint en 2019 la valeur de 1,2 Mrd € en 2019, soit une augmentation de 41 % en un an.

Une forte progression liée d’une part à l’ouverture de nombreux nouveaux magasins et d’autre part au développement du vrac non-alimentaire. Réseau Vrac espérait alors un triplement du marché d’ici 2022 : celui-ci n’est certes encore qu’une niche (0,75 % de la consommation hors produits frais), mais l’espoir de l’association est qu’il atteigne 3 % en 2022.

Selon les chiffres du cabinet d’études Nielsen pour Réseau Vrac, 40 % des Français ont acheté des produits vrac au moins une fois en 2019, c’est-à-dire une hausse de 3 % en un an.

En 2013, il n’y avait que deux épiceries spécialisées dans le vrac en France, alors que fin 2019, elles étaient plus de 400. Mais ces boutiques spécialisées, qui détiennent 5 % du marché (dont la soixantaine de magasins de l’unique franchise dédiée au vrac, Day by Day), ne sont que la partie la plus emblématique de ce secteur. Les magasins bio (45 % du CA du vrac) sont également un acteur important, 88 % d’entre eux étant équipés d’un rayon vrac. Toujours prête à investir un créneau qu’elle estime porteur (comme avec le bio et le vegan), la GMS en est aujourd’hui le leader, réalisant 50 % des ventes. 70 % des hyper- et supermarchés possèdent un rayon vrac, implanté dans 57% des cas au sein du rayon bio.

Mais si la GMS propose en moyenne 54 références par magasin, ce chiffre est de 150 dans les boutiques bio, ce qui représente entre 5 et 20 % de leur CA selon les points de vente. Quant aux magasins spécialisés vrac, ils offrent en moyenne 400 références et même 1 000 chez Day by Day.

Les produits les plus consommés sont les oléagineux (achetés par 58 % des foyers), les fruits secs (51 %), les légumineuses (30 %), les graines (29 %), ainsi que les céréales à égalité avec le riz (25 %). Les cosmétiques et les détergents sont par ailleurs les familles de produits qui se développent le plus, sachant qu’en ce qui concerne les cosmétiques, ce qui est vendu sous le nom de « vrac » est souvent des cosmétiques solides ou des produits vendus à l’unité sans emballage, comme les savons.

 

Crédit Photo : Freepik

 

Avec l’arrivée de la pandémie, la question était de savoir comment l’achat en vrac, lors duquel le consommateur manipule des distributeurs, bidons ou conteneurs, voire le produit lui-même, allait être impacté. Car de réelles craintes étaient présentes chez un très grand nombre de personnes, comme en témoignent les informations données par les autorités sanitaires sur la possibilité d’attraper le virus en touchant quelque chose de potentiellement contaminé, à commencer par les poignées de porte ou les emballages des produits alimentaires achetés en magasin, ou encore les nombreuses questions posées relatives à la « survie » des virus selon les matériaux (verre, plastique, carton, métal, etc.). Sans parler des « fake news » diffusées par des personnes mal intentionnées ou tout simplement ignorantes.

Une nouvelle enquête de Nielsen pour Réseau vrac, faite entre le 7 et le 10 mai, juste avant la fin du confinement, a donné la réponse. Sur les 40 % de foyers français se déclarant acheteurs de vrac avant le confinement, 22 % ont continué ce type d’achat pendant, au plus fort de la pandémie.
En clair, près de la moitié a arrêté d’acheter du vrac. Pour 42 % de ces personnes, la raison évoquée est la fermeture des magasins ou rayons vrac qu’ils fréquentaient (97 % des magasins vrac ayant cependant maintenu leur activité et 98 % des rayons vrac étant restés ouverts). Pour 24 % des répondants, l’arrêt de l’achat a été dû au qu’ils ont fréquenté des points de vente différents durant le confinement. Mais la peur de la contagion a quand même joué un rôle : 21 % ont arrêté d’acheter du vrac car celui-ci ne leur inspirait pas confiance dans le contexte du Covid-19, et 13 % parce que le vrac « n’est pas hygiénique ». Néanmoins, 85 % de la clientèle vrac a confirmé qu’elle continuerait à en acheter de nouveau après le confinement.

Une autre enquête réalisée pour Réseau Vrac auprès des magasins adhérents, quelques temps après le déconfinement, a effectivement confirmé que l’activité était repartie : si 90 % des répondants avaient moins de clients qu’avant le confinement, 5 % en ayant plus et 5 % autant, 79 % avaient un CA en augmentation, 19 % en baisse et 2 % identique, comparé à la période du confinement. Et en comparaison de la même période de l’année précédente, 80 % avaient un CA en croissance, 8 % en baisse et 12 % identique. Et 89 % ont gagné de nouveaux clients, dont 5 % de nouveaux acheteurs vrac pour 86% d’entre eux.

Au final, le vrac a bien été impacté par la crise sanitaire, mais pas de façon irrémédiable. Sa croissance ne semble pas hypothéquée, notamment en raison de mesures d’hygiène strictes adoptées par les magasins, pour lesquelles Réseau Vrac avait diffusé des recommandations de « bonnes pratiques ». Le vrac reste donc une valeur sûre, en phase avec les aspirations actuelles de « mieux consommer ».


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